Brève histoire de notre présence en France

            Nous serions actuellement en France environ douze millions de musulmans, ce qui fait de notre communauté, et de loin, la communauté musulmane la plus nombreuse d’Europe. C’est aussi la communauté musulmane la plus ancienne d’Europe occidentale, puisque son installation massive a débuté il y a près de soixante-dix ans.

Pendant longtemps cette communauté fut constituée de travailleurs venus des colonies françaises, essentiellement d’Afrique du Nord, ignorants, exploités, vivant dans la misère et l’humiliation, et surtout à l’écart de la société française.

            Puis vinrent les années 1970, le temps du regroupement familial et les HLM, le temps aussi de la première génération d’enfants de ces immigrés, nés sur le sol français et scolarisés dans les écoles de la République, entamant un parcours d’intégration dans la société.

Le déracinement de ces premières vagues d’immigrés fut violent et entraina chez eux une certaine perte des repères et un tel complexe d’infériorité vis-à-vis de la France, que cela provoqua une perte de la pratique religieuse et de transmission de l’identité religieuse et culturelle aux enfants nés en France. De ce fait, ces derniers, en grandissant, furent déchirés entre deux cultures, deux mentalités, et un profond malaise identitaire s’est fait jour en eux. Cette nouvelle génération, née dans les années 1970, déchirée et en recherche identitaire, rejointe par des étudiants venant du bled accomplir des études en France (et donc dotés d’un niveau intellectuel solide), s’est lancée pour une partie d’entre elle, dans un travail de réislamisation, en entreprenant d’installer en France un islam plus visible et plus structuré. Cet élan fut par ailleurs favorisé par le contexte international de réislamisation générale, sous l’impulsion de la révolution islamique iranienne et du travail de prédication mondiale entrepris par l’Arabie Saoudite et les états du Golfe.

C’est ainsi que dans les années 1980, l’UOIF fut créée ainsi qu’une multitude d’associations islamiques pour faire la da3wa, donner des cours d’arabe, etc. Des mosquées commençaient à se construire un peu partout, les premiers hijabs apparaissaient dans les cités, ainsi que les boucheries halal, etc.

            Cet élan de réislamisation fut constant et de plus en plus puissant, mais à partir de la guerre du Golfe de 1991 et plus encore, de l’ascension fulgurante du FIS en Algérie, avec les conséquences tragiques que l’on sait, ce mouvement au départ purement spirituel, culturel et social a pris un tournant plus politique et plus radical.

Les autorités françaises ont tout de suite perçu le danger important que cela constituait à long terme pour la stabilité de la société et des institutions. Danger confirmé par les premiers attentats dits islamistes au milieu des années 1990 et attribués au GIA.

 

           Pour contrer cette menace, les autorités françaises, et notamment ses appareils de renseignement et de réflexion stratégique, ont compris qu’il fallait absolument encadrer beaucoup plus la communauté musulmane, afin de savoir exactement ce qu’il s’y passait, et de modeler une élite religieuse et associative musulmane, qui pourrait détourner les musulmans de projets de nature politique ou subversive vers une orientation plus douce, vers un islam compatible avec la République et ses valeurs.

Il s’agissait de mener plusieurs actions simultanément. Infiltrer les structures islamiques. Repérer les éléments radicaux susceptibles de représenter un danger et les expulser (Folembray) de France, ou les mettre en prison. Démanteler ou manipuler les réseaux connectés aux mouvances djihadistes internationales. Favoriser l’émergence d’une classe d’imams, d’intellectuels, et de responsables associatifs dynamiques, modernes et soumis aux valeurs de l’idéologie dominante occidentale (démocratie, droits de l’homme, féminisme, sécularisation, etc.), en les mettant sur le plan médiatique et en leur offrant une représentativité factice en tant qu’interlocuteurs privilégiés des médias et des pouvoirs publics. Tout leur a été facilité afin de propager et de marteler chez les fidèles un discours islamique pacifié et dépolitisé, et de marginaliser et d’étouffer les voix porteuses d’un réveil islamique plus véhément et offensif.

Ainsi un certain islam, le fameux « islam de France » a été élaboré à la fin des années 1990 et au début des années 2000, avec notamment la création du CFCM, et une politique de passage d’un « islam des caves » sulfureux et inquiétant, à un islam bisounours bien propre sur lui, docile et moderne, ayant pignon sur rue et affichant aux yeux de la communauté musulmane sa visibilité comme un signe de succès et de victoire alors qu’au contraire, cet islam dénaturé et castré n’est qu’un vecteur d’aliénation et de soumission de la communauté musulmane au maitre occidental et à son modèle civilisationnel triomphant.

Puisque la demande était forte, il fallait donc créer une offre, la rendre crédible et légitime et ensuite occuper le terrain. C’est le rôle des mosquées, des associations, des librairies islamiques, et des fameux prédicateurs du système, qui saturent l’espace religieux islamique de leur présence afin de subjuguer les masses et les endormir soigneusement en leur enseignant sur tous les supports possibles, une montagne de leçons pseudo théologiques sur la pluie et le beau temps, sur la beauté du coucher de soleil et du chant du rossignol, sur le fait qu’il faille respecter ses voisins, aimer ses parents, être patient dans la difficulté, sur le fait que l’islam c’est la paix, l’amour et la tolérance, sur le fait que l’eau ça mouille et que le feu ça brûle et surtout, sur le fait que la République nous aime et qu’il faut l’aimer en retour.

Ces prédicateurs, véritables agents du système, les Tariq Ramadan, Hassan Iquouissen, Tareq Obrou, Rachid Abou Houdeyfa, Nader Abou Anas, Rachid Haddache, Mohamed Bajrafil, Ousmane Timéra, Mahdy Ibn Salah, Nabil Ennasri, Yaacoub Mahi, et beaucoup d’autres, ne cessent depuis lors de façonner l’esprit de la génération des enfants puis celle des petits-enfants d’immigrés, qui s’éveillaient à l’islam, en les sortant de l’islam sans que ces derniers ne s’en rendent vraiment compte.

             Mais voilà que sous l’effet du travail acharné de quelques frères, qui se sont employés à dénoncer la supercherie de ces prédicateurs du système et du cartel des imams et mosquées de la République, et à mettre à nu leurs déviances et hérésies mortelles, sous l’effet également d’un meilleur apprentissage des textes et principes islamiques devenus facilement accessibles sur internet, par un nombre croissant de frères et sœurs, dégoûtés par la trahison manifeste des cadres de cet islam de France installé par les autorités françaises pour nous éloigner de notre religion et nous maintenir dans notre soumission et notre aliénation, de plus en plus de frères se détournent de ces agents du système et nous arrivons actuellement à un tournant où cet islam de France présente à présent des signes manifestes d’essoufflement. Ces prédicateurs commencent à tourner en rond, ils n’ont plus grand-chose à dire, ils parviennent de plus en plus mal à faire illusion, leur auditoire s’étiole et leur aura pâlit.

Nous vivons donc maintenant un moment décisif. L’ancienne élite de l’islam de France sous tutelle de la République, commence à péricliter (tout en gardant sa main mise sur l’ensemble des structures communautaires). La répression des autorités à l’égard des musulmans dits radicaux est de plus en plus forte (lois anti voile/burqa, assignations à résidences, perquisitions, fichage, etc.). Les mouvements d’extrême-droite islamophobe sont en plein essor. Un climat croissant d’islamophobie est suscité et entretenu par les médias, qui pointent continuellement l’islam et les musulmans comme un problème dans la société, une menace pour sa cohésion et un danger pour sa sécurité. Et pour couronner le tout, une vague d’attentats meurtriers, souvent étranges (officiellement fomentés par Daesh), secouent périodiquement la France et l’Europe ces dernières années.

Cette situation crée un vide de légitimité, de crédibilité et de confiance, et ouvre un espace important, une forte attente de la part d’un nombre croissant de frères et sœurs qui ne se reconnaissent plus dans le discours bisounoursiste officiel. Quelque peu dépité et en désarroi, une frange importante de jeunes frères et sœurs aspirent à une offre intellectuelle authentique et décomplexée, un souffle nouveau, frais, intrépide et offensif. 

Bien entendu, de nombreux obstacles sont à surmonter, mais nous sommes à un carrefour, c’est le moment d’agir.

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  1. Énorme erreurs factuelles dès le début de votre article !
    Les musulmans de France be sont pas plus de 8 millions selon l’INSEE.
    En outre la communauté musulmane en Europe ne date absolument pas d’une soixantaine d’années ! Que faites vous de la présence arabe et musulman en Espagne des VII au XIV èles siècles ?!
    Peut-être que lire avant d’écrire vous serait profitable, vous évitant ainsi d’écrire d’énormes erreurs historiques !
    Instruisez-vous avant de prétendre instruire les autres ! Inch’allah

    • Puisqu’il n’y a pas de statistiques précises sur notre nombre en France, les évaluations sont variables.
      Pour ce qui est de la présence musulmane en Espagne, vous n’êtes pas sans savoir qu’elle a entièrement disparu il y a plus de 4 siècles !
      Mon article concerne bien évidemment la présence musulmane moderne, liée à l’installation de populations immigrées après la deuxième guerre mondiale.
      Mais que mes précisions ne vous empêchent surtout pas de continuer à m’insulter. Je vous en prie, faites vous plaisir !