Le choix du prénom

Depuis de nombreuses années déjà, j’observe un phénomène qui m’horripile et qui est le suivant : lorsqu’un couple moyen de maghrébins de France a le bonheur d’attendre un enfant, il se lance naturellement dans la recherche du prénom de ce futur enfant, et là, c’est le drame !

Non seulement c’est bien souvent la femme qui impose plus ou moins délicatement son choix, alors que le choix du prénom des enfants est une prérogative traditionnellement dévolue à l’homme dans notre cadre patriarcal, mais pire, le prénom choisi l’est presque toujours sur un critère absolument scandaleux du fait de l’humiliation et de l’aliénation qu’il représente.

Ce critère est celui de la discrétion et de la « prononçabilité » francophone de ce prénom.

En effet, le but n’est plus de faire porter à son enfant un prénom béni, comme les prénoms des prophètes ou un nom composé du préfixe « abd » (serviteur) et du nom d’un des attributs divins. Le but n’est pas non plus de choisir un prénom rendant hommage à une figure glorieuse de notre histoire islamique et maghrébine, ni même de faire vivre les vieux prénoms de nos arrière grands-parents et assurant ainsi la perpétuation de la mémoire filiale. Non, tout cela passe désormais à la trappe !

Maintenant, tout ce qui compte c’est que le prénom soit facile à prononcer par le maître français, qu’il soit assez passe-partout, bref, qu’il ne fasse pas trop « arabe » !

C’est ainsi que se sont multipliés les « Sarah », « Rayan », « Sana », « Adam », etc. L’aliénation culturelle et l’absence de fierté conduisent hélas nombre des nôtres à se définir non pas en fonction de nous même mais en fonction de l’autre. Le prénom porté par notre enfant est un marqueur identitaire et psychologique intime et puissant, et il est malheureux que ce marqueur soit souvent maintenant soumis à l’acceptabilité du français. Cela révèle un esprit de soumission déplorable.

Bien sur, cela est rarement assumé et vous entendez presque toujours ces couples bien intégrés vous donner des explications malhonnêtes et alambiquées sur leur choix alors que le fond de l’affaire n’est que leur complexe identitaire et leur esclavage mental.

Retrouvons notre fierté et donnons de beaux prénoms à nos enfants qui les enracineront dans notre identité religieuse et culturelle authentique et décomplexée !

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  1. Ma fille in shaa Allah s’appellera خديجة. Puisse Allah lui faire don des mêmes qualités que notre bien aimée mère ! Khadija bint khouwaylid, épouse du Prophète 3alayhi salât wa salâm.

    Au passage, j’espère que tu te portes bien Issa 🙂 Tu l’auras compris, me voilà mariée et bientôt mère bi idhni Llah.

    • Mabrouk 3likoum Samia, ça me fait très plaisir d’apprendre ça. Khadidja est un très beau prénom. Qu’Allah vous accorde une descendance nombreuse et pieuse.
      Cette fille aura de la chance t’avoir comme mère.

  2. Enfin quelqu’un que ça choque ! Oui Moi aussi ça m’horripile toutes ces Sandra « rayan » avec des têtes de Latifa et Makhlouf plutôt. Heureusement que mes parents ne font pas partis de ces harkis ils m’ont nommé Kawthar. Meme si les profs bégayent à la pelle j’ai eu le droit à toutes les déformation possible : kauter, Qatar. Mais au moins je connais la signification de mon prenom et suis fière de le porter meme si il ne sonne pas vraiment en français.😊

    • Le pire ça reste le prénom yanis vu le nombre de maghrébins qui le portent on serait tentée de croire que c un prénom arabe mais pas du tout mdr c est purement européen. Il me semble que c est grec meme.

      • Exactement ! Yanis, comme Linda ou Myriam, ne sont pas des prénoms musulmans, et il est choquant que des musulmans donnent ces prénoms à leurs enfants. Ça montre bien le degré d’aliénation des parents…

  3. Je me permets un supplément de commentaire pour faire le tour de votre article. Je note également que – très paradoxalement -, les couples mixtes dont la mère est d’origine maghrébine et le partenaire très souvent occidental (et non-musulman) n’hésitent pas à donner des prénoms à consonance orientale, un peu comme pour pallier le fait que la mère ait enfanté avec un non-musulman. Dire, on sauve un peu les apparences. Le choix du prénom s’avère ici, contradictoire avec le choix du partenaire, et révèle malgré tout un complexe de merde. Je m’unis à un mécréant (transgression religieuse et mariage non reconnu) mais mon rejeton a un prénom maghrébin.

  4. Quand on est musulman, le choix du prénom à donner à ses rejetons ne devrait pas se négocier. Tout musulman digne de ce nom donnera un prénom islamique, conformément à notre Tradition. L’épidémie de « Rayan » qui sévit depuis ces dernières années n’est révélatrice que des seuls complexes vécus par les parents, et qu’ils transmettront sans doute à leurs gosses (ce ne sera que justice). Rayan est le nom d’une porte du Paradis qu’ils anônnent comme des singes savants. Amusez-vous à leur demander le nom des six autres portes et vous serez définitivement fixé sur les raisons qui les poussent à nommer leur fils Rayan. Ils ne vous avoueront jamais (pas plus qu’ils n’assumeront) avoir choisi ce prénom parce qu’il résonne comme celui de leur star américaine préférée. Tout n’est qu’hypocrisie.

    Autre mode tout aussi néfaste, ceux qui s’agrippent au paganisme anté-islamique (très souvent fantasmé) et qui croient faire honneur à leurs gosses en les nommant jugurtha, massinissa etc… Le choix ici aussi n’est pas anodin. La motivation relève bien souvent d’un sentiment arabophobe très prononcé reposant sur l’idéologie berbériste foncièrement anti-Islam. Des têtes de noeuds de ce genre-là, on en croise pas mal aussi. L’aliénation y est également un moteur. Montrez-moi donc un français de souche qui appelerait son fils Vercingétorix….

    • C’est tout à fait ça. D’aucuns pourraient estimer ce sujet anecdotique alors qu’au contraire, il révèle avec acuité le degré d’aliénation plus ou moins prononcé atteint par les membres de notre communauté. Je souscris totalement à vos observations et remarques. Nommer sa descendance de telle ou telle manière, c’est la diriger dès son premier jour dans telle ou telle direction.

      • Oui. Tout concourt à semer (et donc bâtir) une identité chez l’enfant. Il se demandera bien un jour pourquoi il a hérité de tel prénom plutôt que tel autre. D’autres paramètres entrent en compte: la vestimentaire, la gastronomie à laquelle il aura droit, les fêtes (religieuses et familiales) qu’il célèbrera (ainsi que celles qu’il évitera), l’endroit où il passera ses vacances (pays d’origine ou Club Med), la langue qu’il entendra parler à la maison. Il est évident que si ses propres parents sont, au regard de tous ces facteurs, eux-mêmes dans un profond état d’aliénation, il ne faudra pas s’étonner de voir l’enfant basculer dans le même abîme. Un enfant, ça se prépare à deux. C’est une extension de nous-même, celui qui doit normalement nous survivre. Celui à l’éducation de laquelle nous serons interrogés par Allah (comme pour nos femmes).

  5. Il est vrai que beaucoup de parents pensent à ce que leur enfant puisse s’intégrer facilement dans la société dans laquelle ils vont être amenés à vivre ( trouver un logement …un travail).
    Cependant dans nos écoles existent encore des
    Massinissa ; Muslim ; Saifou Allah…il y a encore de l’espoir …elhamdoulillah.