Le fanatique et la rose

le fanatique et la rose

Depuis des années je mène un travail de résistance intellectuelle contre l’insupportable expansionnisme de l’Occident moderne. J’appelle sans cesse mes frères à s’accrocher coûte que coûte à notre identité religieuse et culturelle, à redécouvrir et défendre notre authenticité et nos traditions. Je les appelle à rejeter tout compromis avec l’Occident, à résister à sa séduction et à ses intrusions dans notre âme. Il ne faut jamais fléchir face à l’ennemi, tout au plus feindre de le faire quand cela se révèle tactiquement indispensable. Il nous faut être fiers et nous préparer à l’heure de la revanche.

De ce fait, la virulence de mon discours, la véhémence de mes propos, l’anachronisme de mes positions, tout cela m’a valu d’être étiqueté comme « méchant islamiste intégriste, réactionnaire, antisémite, extrémiste, misogyne et radical », bref un monstre de haine !

Bien entendu, je prends tous ces qualificatifs pour des compliments et je suis très flatté à chaque fois qu’on me les adresse. Ce qui me consterne en revanche, c’est de constater que la bêtise de mes détracteurs les pousse presque toujours à croire que la radicalité assumée de notre foi, de nos valeurs, de nos convictions, de nos idéaux, à nous autres méchants islamistes, fait de nous des êtres bassement haineux et hargneux, à la sensibilité étroite et aux manières rustres, n’ayant de goût que pour la théologie, la politique et le sang. On nous dépeint ainsi et c’est de bonne guerre. Il faut bien diaboliser son ennemi pour justifier la répression croissante à son égard et pour l’isoler au maximum du reste de la société. C’est de bonne guerre donc, mais cette grossière caricature est très loin de la vérité.

En effet, que ce soit chez les « islamistes » ou chez les radicaux de tous bords, j’ai toujours remarqué qu’ils étaient en général dotés d’une grande sensibilité. Les hommes portant une foi en acier trempé, animés de convictions profondes et politiquement incorrectes, acceptant stoïquement la responsabilité de livrer un combat perdu d’avance, tous ces fanatiques au regard sombre et au cœur lumineux sont en fait bien plus sensibles que les moutons repus qui forment l’immense majorité de la société moderne.

Oui, le fanatique, le fasciste, l’intégriste aime le beau, et c’est peut-être même parce qu’il aime tant le beau qu’il est devenu fanatique, fasciste et intégriste. Le fanatique aime la poésie, l’art, l’harmonie, la plénitude. Il porte en lui un certain romantisme, qui lui vient sûrement de sa quête de transcendance et d’absolu. Le fanatique est idéaliste, et l’idéal élève. Le fanatique supporte mal la laideur du monde actuel. Il voit en la mort une délivrance mais ne hait pas la vie, bien au contraire, il l’aime trop pour accepter qu’elle soit dénaturée et souillée. Le fanatique aime contempler la délicatesse d’une fleur, caresser un paysage bucolique, ou bien humer la fraicheur d’une jeune fille. Le fanatique est fanatique parce qu’il refuse à brader le vrai, le juste et le beau. Il refuse de s’incliner devant le confort minable d’une vie insipide.

Assailli par la solitude et les difficultés de toutes sortes, le fanatique marche avec un vent de face très puissant. Il doit affronter à chaque instant le crachat abrasif et les quolibets cinglants du Système et de la masse de crétins qui l’entoure, et cela ne fait que cultiver en lui cette sensibilité si profonde et si vive. Cela ne fait que polir son cœur, comme la meule polit un diamant. Le fanatique est amer mais ne souffre pas. Il s’use mais ne faiblit pas.

Le mouton ne pourra jamais comprendre le fanatique car il le dépasse tellement !

Le fanatique lui, apprend jour après jour à trouver le bonheur dans le sacrifice et son rêve est de mourir en souriant. Sa mélancolie est tendresse et sa haine est amour. La beauté est pour lui un refuge apaisant et une compagne réconfortante.

Seul un fanatique sait embrasser une rose.

guerrier berbère solitaire

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