État des lieux de la nouvelle génération natio 5


          Dans la foulée de mon précédent article qui traitait de la proximité idéologique et morale des camps nationaliste et « islamiste » en France, j’aimerais livrer dans ce présent article mon analyse sur l’évolution et la situation actuelle du camp nationaliste. Le camp islamiste est touché lui aussi par les phénomènes que je vais décrire mais avec des différences importantes qui me conduisent à préférer traiter spécifiquement de cela dans un article ultérieur inchallah.

Les milieux de résistance au Système de la modernité occidentale, de quelques bords qu’ils soient, sont composés d’hommes qui ont grandi dans la matrice qu’ils ont réussi ensuite à démasquer et à rejeter. Ces résistants portent donc en eux et parfois malgré eux, une emprunte importante de l’environnement dans lequel ils ont baigné, pour le meilleur et surtout pour le pire. Les générations de résistants reflètent, au moins en partie, l’évolution de l’ensemble de la société.

Ainsi, les anciennes générations de résistants politiques à la République talmudo-maçonnique étaient soit des hommes cultivés et vertueux, intellectuellement et moralement supérieurs, soit des hommes sans grande instruction ni haute culture mais courageux, honnêtes, loyaux et braves, toujours prêts à l’action et au sacrifice, soit, et ce n’était pas rare, à la fois cultivés et dans l’action concrète.

Lire et cogner : le propre du résistant à l’ancienne.

          De nos jours, la situation a beaucoup évolué, et pas pour le mieux. Les aspirants-résistants qui investissent le milieu "natio" actuellement sont à l’image de leurs comparses du même âge. Ce sont le plus souvent des hommes de bonne volonté, mais accumulant les tares.

Ils sortent d’un système scolaire en chute libre, avec des graves lacunes dans la maitrise de la langue française et dans celle du raisonnement logique.

Incapables de s’exprimer correctement et dépourvu d’esprit d’analyse et de synthèse, ils ont une aversion naturelle pour la lecture. Ayant peu lu, leur niveau de réflexion est assez faible, et ils sont affectés par un déficit criant de formation doctrinale, qui les conduit à patauger dans les confusions et les contradictions, et à tomber à pieds joints dans tous les pièges idéologiques que le Système leur tend.

Pire encore, ils ont perdu le contact avec les auteurs classiques de leur milieu politique. De ce fait, ils n’ont qu’une très faible conscience de la filiation intellectuelle qui devrait les relier à leurs illustres ainés, dont ils devraient en principe se sentir redevables. Cette césure générationnelle, ce flambeau qu’on ne veut plus recevoir, sont d’ailleurs un fait majeur touchant toute la jeune génération, dans l’ensemble de la société. Perte de transmission voulue et organisée par le Système pour déraciner les jeunes de leur terre, de leur identité et de leur passé.

          Ils sont aussi la première génération massivement élevée par des mères divorcées, absentes, défaillantes, et castratrices, ce qui engendre chez ces jeunes hommes une recherche éperdue et douloureuse de virilité, qu’ils confondent souvent hélas avec un mélange de brutalité inutile et de grossièreté. Ce besoin de revirilisation tend à polluer leur démarche politique et permet à de petits malins de se donner des airs virils pour obtenir un succès garanti et rafler la mise.

Ils ont été biberonnés aux programmes télévisés débilisants des années 1990 et 2000. Ils sont aussi la première génération internet. Très investis sur les réseaux sociaux, ils en viennent à considérer, sans bien se rendre compte de la supercherie de la chose, que le militantisme virtuel équivaut à celui sur le terrain réel, et qu’il lui serait même supérieur, car plus moderne et donc (en apparence) plus efficace, l’efficacité étant dogmatiquement associée à la nouveauté.

Un véritable bouleversement de l’échelle des valeurs s’en suit, qui fait que la légitimité et la popularité ne sont plus accordées à la plume acérée et à l’héroïsme austère du résistant d’antan, qui apportait à la cause une production intellectuelle de valeur et une activité militante âpre et constante, mais plutôt aux fanfarons prétentieux et grotesques qui, par leurs pitreries télégéniques et leur habileté à se mettre en scène, ont le mieux réussi à s’attirer des tombereaux de « like » et de « followers » sur Youtube, Facebook et Twitter. Ces héros nouveaux et creux, qui amusent et subjuguent, à coups d’effets de manche ridicules, de discours grandiloquents et stupides, et de montages vidéos sophistiqués, se sont ainsi hissés au hit-parade de la résistance 2.0, réduite à un simple divertissement métapolitique sur smartphone et tablette.

Ce format de communication par l’image et les phrases courtes, qui sied tant à leur inculture et leur difficulté à penser et à agir, pousse, en toute logique, cette nouvelle génération à détester le sérieux, la rigueur et la discipline. Aversion malheureuse renforcée par leurs nouvelles coqueluches qui prétendent le plus sérieusement du monde que leur guignolerie chronique serait une stratégie de propagande mûrement réfléchie. En vérité, ils ne font qu’exhiber la médiocrité de leur univers mental et contribuent efficacement à tirer tout le monde vers le bas et à conforter leur public dans leur recherche de sensations fortes à bon compte, et d’engagement sans contraintes. Ils changent rapidement d’avis, et de sujets, au grès de l’actualité et des modes, et ils compensent la vacuité de leur discours et la lâcheté de leurs positions par l’usage de termes et de concepts faussement subversifs, tournant essentiellement autour de la question raciale.

          Nous relèverons aussi qu’en gosses mal élevés et incultes qu’ils sont, ils ont bien souvent tendance à creuser cette fracture générationnelle profonde qui les sépare désormais de leurs ainés, en affublant ces derniers de leur insolence et de leur morgue, qui ne sont que le reflet du complexe profond qui leur fait sentir leur incapacité définitive à se montrer un jour à la hauteur de la force et du talent de leurs prédécesseurs. C’est ce même complexe qui poussent par exemple les « artistes » dégénérés, dits contemporains, à détester sans limite la beauté et le raffinement de l’art classique, car ils les renvoie invariablement à leur propre absence de talent.

Ainsi, ces nouveaux résistants du net se délectent à moquer les anciens et à pointer du doigt leur échec, sans jamais prendre la peine de l’analyser sérieusement, pour en tirer les leçons qui s’imposent, en vue de poursuivre la lutte avec plus de force. Ils ne font que jeter l’anathème sur les anciens en les déclarant plus bons à rien. Il est donc inutile selon eux de respecter ces ainés et encore moins à endosser leur legs, pour le renouveler et le développer. Nul besoin de se montrer digne de cet héritage. Euthanasions ces vieux débris et dansons sur leurs cadavres ! Voilà ce qu’on lit dans l’attitude et les propos de cette nouvelle génération aussi veule qu’arrogante.

Ce n’est finalement que l’esprit du temps qu’exprime cette attitude gérontophobe qu’affichent les adulescants impertinents, seigneurs de la fachosphère. Cet esprit du temps est celui du jeunisme imbécile que le système a déployé dans la société, via les médias et le discours culturel dominant, pour couper les jeunes de leur patrimoine, de leur histoire, et donc de leur identité, en leur faisant croire que tout ce qui a existé avant eux ne vaut pas grand-chose et ne mérite pas plus que d’être balancé dans une vieille armoire poussiéreuse au grenier.

Ce rejet et ce mépris pour les anciens sont tout de même bien fâcheux pour des prétendus fascistes purs et durs qui,  clament à qui veut l’entendre, qu’ils se battent pour la préservation et la restauration de l’identité traditionnelle de la France. Mais ça serait oublier qu’aucune contradiction ne saurait faire peur à ces gugus.

          Pour résumer, je dirais que ces jeunes nationalistes, et leurs postures lâches et opportunistes, manifestent avec un sombre éclat l’affaissement moral et physique, la perte de valeurs et de repères, la perte du sens de la hiérarchie et de l’autorité, la rupture avec les racines intellectuelles et culturelles, la dévirilisation générale et l’agitation stérile qui frappent la nouvelle génération du camp nationaliste (et pas uniquement lui), comme elle frappe l’ensemble de la jeunesse mondiale, formatée par une politique globale menée depuis longtemps par le Système de la modernité occidentale. Ce Système dominant a réussi ainsi à saper toute possibilité de redressement des peuples et peut jouir paisiblement de sa domination et du spectacle affligeant qu’offrent ses opposants aliénés, bouchant l’horizon de leur médiocrité et de leur superficialité.

Nabila et Squeezie ont superbement terrassé Maurras et Bardèche. Qui l’eut cru ?!


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