La nouvelle ligne de démarcation 15

la nouvelle ligne de démarcation

J’ai eu la chance d’avoir été élevé par un père qui a toujours veillé à m’inculquer l’ouverture d’esprit. Une ouverture d’esprit qui pousse à la curiosité intellectuelle, accompagnée d’un esprit critique et d’une conscience identitaire solide. De ce fait, j’ai toujours apprécié d’avoir des échanges avec des individus ayant des valeurs et des idées très différentes des miennes ou que j’estimais telles a priori. Et c’est dans cet état d’esprit que, étudiant à l’université Paris II Assas, foyer connu de la jeunesse d’extrême-droite en France, j’ai fait connaissance avec des camarades du FNJ et du GUD, et malgré nos différences ontologiques, qu’on aurait pu croire insurmontables, nous nous entendions très bien, découvrant réciproquement que nous avons en commun de nombreux principes et valeurs.

C’est aussi à cette époque que, mû par une soif de spiritualité et de connaissance, ainsi que par un rejet de plus en plus violent de la décadence générale que j’observais et que j’apprenais à mesurer, je me suis mis à étudier ma religion plus en profondeur, et à la pratiquer avec plus de rigueur.
En toute logique, je me suis mis à fréquenter les milieux plus ou moins « islamistes », la galaxie des frères de toutes tendances, animés d’une foi ardente, qui les poussaient à chercher en permanence à augmenter leur savoir et leur piété. Animés aussi d’une volonté farouche d’agir pour la cause d’Allah, en répandant autour d’eux Son Message et en combattant Ses ennemis.

J’ai donc fréquenté ces deux milieux en parallèle, cela m’a beaucoup enrichi, et cela m’a surtout permis de prendre conscience que les lignes de démarcation idéologiques de notre temps ne sont pas là où l’on croit.
En effet, j’ai remarqué qu’au-delà de nos appartenances religieuses et raciales qui pouvaient nous séparer ainsi que de certaines rancœurs historiques qui nous renvoyaient à notre patrimoine conflictuel, nous étions réunis par une conscience profonde et une réalité implacable : notre rejet de la modernité.

nouvelle ligne de démarcation

 

Un musulman ou un catholique, s’il tient à sauvegarder son identité traditionnelle, son authenticité et son honneur, s’il tient à appliquer sa religion avec ferveur et s’il souhaite qu’elle régisse la société comme ce fut toujours le cas par le passé, sera invariablement traité par le système dominant d’intégriste, de rigoriste, fondamentaliste, extrémiste, radical, etc. Il sera moqué, diabolisé et marginalisé.
De même, tous ceux qui s’opposent à l’idéologie dominante du progrès, de la démocratie, du féminisme, du cosmopolitisme, du métissage, de la débauche, etc., et qui cherchent au contraire à rétablir un modèle traditionnel fait de valeurs ancestrales et naturelles, et d’un mode de vie sain et sobre, subiront les foudres du système dominant. Les musulmans seront présentés comme de dangereux « fous d’Allah », terroristes, égorgeurs, etc., tandis que les français nationalistes seront traités de fascistes et de nazis.

C’est au cours de toutes ces années de fréquentation des deux milieux que j’ai réalisé que bien qu’ayant tout pour être les meilleurs ennemis du monde, nous sommes en réalité dans le même camp, en butte au même ennemi, qui cherche à dissoudre nos nations, à corrompre nos peuples et à effacer nos mémoires. Nous nous heurtons à la même répression, censure et diabolisation. Nous déplorons la même décadence et nous attristons de la même déliquescence des nôtres. Nous partageons également les mêmes faiblesses : désunion et éclatement entre de nombreuses tendances rivales, difficulté à rendre notre discours audible et attractif pour la masse, pauvreté des moyens financiers et matériel, sentiment de lassitude et de découragement, etc.
En face de nous, nous avons le même système qui déploie sa puissance et son intelligence dans tous les domaines afin de nous isoler et de nous étouffer, et parvient avec habileté à nous instrumentaliser les uns contre les autres.

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Plus positivement, j’ai aussi remarqué que, contrairement au reste de la société, on retrouve dans ces deux milieux la même prédominance de qualités et vertus morales élevées. Ainsi, dans les deux milieux, j’ai vu beaucoup de gentillesse, de loyauté, de droiture, de respect de l’autre, de sérieux, mais aussi d’intelligence et de culture, de goût pour le savoir, l’esthétique et la transcendance. Bref, dans les deux milieux, il y était question de verticalité, pendant que dans le reste de la société, dans le « monde libre », on barbotait allègrement dans la bassesse, le mensonge et la laideur.

Finalement, j’en viens à penser aujourd’hui que dans le monde actuel, la véritable ligne de fracture, la véritable ligne de front, n’est plus entre musulmans et chrétiens, ni entre catholiques et protestants, sunnites et chiites, etc., mais entre les forces de la modernité et celles de la tradition, entre les forces du profit et de la débauche et celles de la spiritualité et de l’identité enracinée.

N’ayons donc pas une bataille de retard et conjuguons nos énergies pour sauver chez chacun ce qui peut encore l’être. Nous ne pouvons plus nous payer le luxe de maintenir nos vieilles querelles.


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15 commentaires sur “La nouvelle ligne de démarcation

  • Jackadit (@JeanneDinn)

    Bonjour,

    Je suis ce qu’on appelle un identitaire français.
    Je viens de lire 2 de tes textes, et je tenais à te dire que je suis entièrement d’accord avec toi( l’autre concernait la description de mon camp).

    Nous sommes ennemis certes, mais c’est un plaisir de combattre des ennemis de ta qualité.
    Si toi et tes congénères rentriez chez vous ( et nous chez nous), nous pourrions même être amis.

    Bien à toi

    • Issa Hamad Auteur de l’article

      Bonjour,

      Je te remercie pour ton appréciation et ton honnêteté.
      Je respecte également mais adversaires qui font preuve de qualités d’âme qu’on peut considérer comme universelles.
      J’ai toujours eu de très bons rapports avec des nationalistes français, je comprends parfaitement votre combat et je reconnais volontiers sa justesse.
      Je ne comptes pas finir ma vie en France, car je crois que ce pays est condamné, que ça va mal finir, pour tout le monde.
      En attendant, résistons tous, comme nous le pouvons, contre l’oligarchie mondialiste qui nous écrase chacun dans sa sphère, car ce n’est que dans le combat que l’homme se réalise.

      Bien à toi

  • ahmedmaghnia

    Voici un article publié sur le site de Henry Makow,auteur canadien anti mondialiste, qui résume les causes de la perte d’identité de la plupart des français :
    « La France est dirigée par la Franc-maçonnerie et la Juiverie Organisée. L’une est au service de l’autre. La volonté des citoyens français, leur vote, la survie de leur histoire, leur héritage, leur culture et leur religion ancestrale (le Catholicisme), n’a aucune importance aux yeux des membres de cette clique.

    Leur but est de détruire toute racine, toute mémoire, tout lien avec le passé, tout vestige de sens religieux, et par dessus-tout tout sentiment de patriotisme restant dans le cœur du peuple français. C’est pourquoi ils insistent toujours sur le côté obscur de l’histoire de France et demande aux français de s’agenouiller devant la Juiverie et l’holocauste.

    Le but de la Juiverie Organisée n’est pas d’exercer un pouvoir bienveillant et impartial pour le bénéfice de l’humanité et son bien-être général. Son but est de remplacer Dieu, et d’être vénéré à sa place. »

    • Issa Hamad Auteur de l’article

      Excellente citation ! Merci beaucoup pour le partage.
      Tout est dit dans ces quelques phrases. Il nous incombe donc le devoir d’organiser une résistance efficace contre cela. J’essaie d’y contribuer mon modeste niveau.

  • Ifireles

    Salam …juste une petite remarque sur le début de votre article (auquel j’adhére entièrement) . Vous dites … »avoir été élevé par un père …) n’aviez vous pas eu aussi une mère qui vous a aussi élevé …étiez vous orphelin de mère ? Ou estimez vous que son rôle c’est juste limité à vous faire à manger ; laver votre linge; vous soigner . N’a-t-elle eu aucun rôle dans votre éducation ???
    Cordialement .

    • Issa Hamad Auteur de l’article

      Salam,
      Biensur que j’ai une mère, qui a participé à mon éducation. Je parlais de mon éducation sur son aspect spécifiquement intellectuel et idéologique, mais loin de moi l’idée de remettre en cause ou dévaloriser le rôle positif de ma mère dans mon éducation.